.  fois, une stèle décrite comme Valdivia*, est présentée dans le cadre de l’exposition « Trésors du Nouveau Monde » au Musée Royal d’Art et d’Histoire, de septembre à décembre, sous le numéro 335 du catalogue.  A la suite de cette exposition, les antiquaires équatoriens vont venir présenter, toujours à Bruxelles, ce type d’objet aux professionnels. En 2001, le grand antiquaire-décorateur Alex Vervoordt en a fait le thème de son stand à la foire de Maastrich. A l’époque, un homme, un Équatorien, va largement faire connaître les pierres gravées…  Vous parlez d’Alexander Hirtz. L’homme était spécialiste des fleurs et tout spécialement des orchidées. J’imagine qu’il l’est encore. Par ailleurs, il collectionnait les Vénus Valdivia. Sa découverte des stèles va entraîner chez lui une véritable passion. Il va en réunir des centaines*. Vous-même mettez en vente quelques stèles appartenant à votre père… Pour moi, le vrai test a lieu en mai 1997, quand la maison de vente internationale Sotheby’s présente pour la première fois à New-York, dans le cadre d’une grande vente d’art précolombien, une stèle Valdivia sous le numéro 48. Cette même année, c’est à Bruxelles que la galerie Philippe Ancart  présente neuf pierres Valdivia ayant appartenues à mon père. Une petite plaquette accompagne cette présentation. C’est le tout premier document sur le sujet. Il a été réalisé par le galeriste à partir des éléments que je lui ai confié. Lesquelles ont été accueillies diversement selon les pays… Effectivement. Aux Etats-Unis, les experts de Sotheby’s ont immédiatement compris l’intérêt de cette découverte. En Belgique, l’accueil était favorable et les collectionneurs ont été séduits. En Suisse, les experts, après une courte analyse, ont opté pour garantir l’authenticité de ces objets. En France, cela s’est révélé beaucoup plus délicat. La réelle modernité de la forme et la matière ont beaucoup surpris. En conséquence, les pierres gravées ont vite été cataloguées comme fausses, thèse confirmée par un laboratoire français. En juillet 2000, trois de vos pierres gravées, l’une semi-circulaire évoquant un soleil avec, au centre, des yeux de chouette, un six faces, et la classique sculpture d’une « chouette » Valdivia , ont vu leur authenticité contestée, ce qui vous conduit à mener des contre-expertises. Quelle expérience en tirez-vous ? Une mine d’informations incroyable sur la composition chimique et les altérations de ces pierres, l’outillage utilisé pour les sculpter, le milieu dans lequel elles ont été conservées ainsi que sur leurs incrustations, taches et plaques en relief qui apparaissent en surface.  L’abondance de manganèse étant toujours un bon indicateur d’un enfouissement de longue durée. Imaginez (Julieta survole les contre-expertises) : ces pierres ont été confiées au Laboratoire de Géologie des Bassins Sédimentaires, sous la direction de Philippe Blanc, responsable du service de Microscopie Electronique à Balayage, de microanalyse et de cathodoluminescence de l’UFR 928, et de Gian Carlo Parodi, responsable du service d’Analyse du Laboratoire de minéralogie du Muséum d’histoire naturelle de Paris, ainsi qu’au Laboratorium Voor Prehistorie en Belgique où le docteur J.6P. Caspan a mené sur un dépôt, avec le professeur Naud, une nouvelle diffraction par rayons-X à l’Université catholique de Louvain. Enfin, un échantillon de la pierre dite « Soleil » a été prélevé et analysé au Laboratoire de Physique et Chimie Marines de Villefranche-sur-Mer (Université Paris 6. CNRS-INSU) afin de savoir s’il restait ne serait-ce que la plus infime trace de métal. Ce qui serait la preuve de l’intervention d’un faussaire… Conclusion des cinq scientifiques ? Je lis : « les lamelles (cristallisation du dépôt) ne peuvent en aucun cas avoir été reproduites par un falsificateur…», « Ces objets sont de fabrication ancienne incontestable », «Les phénomènes de cristallisation dans le dépôt ne peuvent être le fait de contrefaçon ». Pour conclure, en synthèse, que les trois pierres contestées sont authentiques. Beaucoup de bruits pour rien. J’ajoute que, quelques années plus tard, les faussaires équatoriens se sont mis au travail et des faux sont apparus sur le marché international. Sculptés dans la même pierre d’origine, ils sont relativement faciles à déceler. Car les dessins sont trop sophistiqués et, bien évidemment, le dioxyde de manganèse n’apparaît pas à l’intérieur des incisions. Enfin, toujours à propos des escroqueries, il faut savoir qu’une série d’objets, inventée (photo), a été un temps recouverte de l’attribution Valdivia. Fort heureusement, elle a vite été repérée et bloquée. Seule une galerie de Santa Fe en présente encore. Selon vous, de quand date l’engouement pour les stèles ? A compter de 2004. Quand les  ouvriers équatoriens demandés en Espagne par Jose Luis Zapatero rapportent de chez eux, chaque année, des objets précolombiens pour se constituer un pécule et que les pierres Valdivia** (stèles, mortiers et haches) commencent à se déployer sur le marché international.                                                      Entretien daté de janvier 2005                                                                                                                                               ** il semblerait que le nom Valdivia ait été utilisé dans le musée national de Quito comme descriptif depuis moins de deux ans (en remplacement de celui de Jama-Coaque). * Alexander Hirtz est depuis l’auteur de Shamanas astrónomas de la cultura Valdivia (PRICC. 2016). Pierre gravée en tuf volcanique intitulée “le Soleil” Page suivante Page précédente ACCUEIL Collier composé de coquillages découpés aux formes zoomorphes retrouvé sur le squelette d’un Valdivien enterré debout... Vous disposez d’informations qui peuvent faire progresser ce dossier, n’hésitez pas à contacter : courrier.granddossiervaldivia@gmail.com La plus grande chouette connue (62 cm)