.  Dans l’histoire des civilisations, la fabrication des haches précède toujours celle d’objets plus sophistiqués. Aussi serait-il étonnant que les haches, dites Valdivia, fassent exception. Le fait est qu’elles sont abondantes, généralement finement sculptées dans une pierre grise ou gris foncé, très dure, avec parfois des tailles imposantes qui ont conduit à penser qu’il s’agissait de lithophones, ces instruments de musique constitués d’une lame de pierre qu’on suspendait à des cordes et sur laquelle on frappait à l’aide d’un bâton ou d’une autre pierre pour obtenir un son. Qu’on imagine le travail qu’il a fallu pour réaliser cette remarquable sculpture (notre photo) de 50 cm de haut, 2 cm d’épaisseur au centre et 99 mm sur les bords. Reste à prouver que toutes ces haches proviennent effectivement, pour mériter l’appellation de Valdivia, de la région (Monte Alto) où les petites Vénus ont été mises au jour. Sur ce point, n’attendez pas de réponse. Des félins, des oiseaux et des singes Les mortiers soulèvent les mêmes interrogations. Rappelons comment ils se présentent. Habituellement, un mortier est le résultat de la sculpture d’une belle pierre choisie pour sa couleur. Sa facture, soignée, a été obtenue par polissage et sa représentation est animalière. Statistiquement, les félins constituent 70 % des représentations, les oiseaux 20 % et les singes 10 %. Sur le plan de la sculpture proprement dite, les mortiers félins présentent une particularité de fabrication tout à fait exceptionnelle : la queue est ajourée, en spirale. La découpe de cette spirale a été réalisée par le frottement d’un outil souple, liane ou cuir, et de la poudre abrasive (généralement du carbure de silicium). On repère aisément la taille en biais laissée par ce traitement d’usure. Au mieux, des antiquaires équatoriens vous diront que ces mortiers sont originaires du centre du pays, entre Quito et la côte. Probablement de la région d’El Carmen… Autant dire d’une région en dehors du canton de Pedernales d’où proviennent les pierres gravées, et de celui d’où sont issues les Vénus. Au gré de l’humeur des conservateurs et des experts de ventes enchères, ces haches sont datées de 3000 ans avant notre ère et dites Valdivia ou bien décrites comme Machallila, datées alors de 2000 ans avant J.-C. Ou comme Chorrera (800 avant J.-C ). Ou plus tardives encore sans que rien ne justifie la véracité de la culture choisie ! Quant aux dimensions des mortiers, leurs tailles varient de 10 cm de long pour les plus petits à 35 cm pour les plus grands. Pour conclure, les mortiers forment un ensemble homogène sur lequel, là aussi, les informations manquent cruellement… Valdivia, c’est aussi des haches et des mortiers… Fait troublant… Des haches et des mortiers ont été réalisés dans la même pierre volcanique que les stèles en pierres gravées. Fait vérifié par des scientifiques à partir de prélèvements et analyses effectuées au microscope à balayage électronique (MEB). Pour autant, aucun mortier en pierre dure n’a jamais été trouvé dans les sites cérémoniels où les stèles sont présentes. D’où viennent ces mortiers ? Comment les dater ? Encore des points d’interrogation. Sauf pour certains Musées qui classent commodément tous ces objets parmi les artefacts « Valdivia »… A chacun de fixer une date Page suivante Page précédente ACCUEIL Les pierres Valdivia en question Si vous disposez d’informations susceptibles de faire progresser ce dossier, n’hésitez pas à contacter : courrier.granddossiervaldivia@gmail.com 8